15.07.2025

Cashflow : quoi regarder, à quelle fréquence et combien conserver

Pourquoi le cashflow est souvent mal compris

Non pas parce qu’il est complexe, mais parce qu’il est souvent résumé à une seule question :

« Est-ce qu’il reste de l’argent dans le compte ? »

Dans l’article précédent, Votre entreprise n’est pas votre compte de banque, nous avons vu pourquoi le solde bancaire est un repère trompeur lorsqu’il est utilisé seul.

Le cashflow va un cran plus loin.

Il ne s’agit plus de savoir combien il reste, mais de comprendre comment les liquidités évoluent dans le temps, et surtout pourquoi certaines périodes deviennent plus tendues que d’autres.

Cet article propose une démarche simple et concrète pour structurer cette lecture, sans complexité inutile.

La démarche pour bien suivre ses liquidités

Un bon suivi du cashflow ne repose pas sur des outils sophistiqués.

Il repose sur une lecture structurée, toujours dans le même ordre.

Cette démarche tient en quatre repères.

1. Savoir où regarder pour comprendre le cashflow

Le cashflow ne se comprend pas avec un seul chiffre.

Il se lit à travers quelques éléments clés, principalement au bilan.

Sans entrer dans la technique comptable, il faut être capable d’observer :

  • les liquidités
  • les comptes à recevoir
  • les comptes à payer
  • les obligations à court terme

C’est la combinaison de ces éléments qui explique pourquoi le cash se renforce ou se fragilise.

Repère simple : Si le solde bancaire augmente pendant que les comptes à recevoir s’allongent, la pression sur le cash est simplement déplacée, pas réglée.

2. Lire les variations, pas seulement les montants

Le niveau de liquidités à un moment précis est rarement le bon indicateur.

Ce qui compte, c’est la tendance :

  • les liquidités se renforcent-elles ou s’érodent-elles ?
  • les délais clients s’allongent-ils ?
  • les obligations s’accumulent-elles plus vite que les encaissements ?

Le cashflow est une dynamique.

Il se comprend dans le mouvement, pas dans une photo figée.

Repère simple : Si vous ne pouvez pas expliquer pourquoi vos liquidités ont changé d’un mois à l’autre, la lecture est incomplète.

3. À quelle fréquence suivre son cashflow

Il n’existe pas une fréquence idéale universelle, mais une fréquence adaptée à la réalité de l’entreprise.

  • Hebdomadaire, si la masse salariale est élevée, les encaissements irréguliers ou la saisonnalité forte
  • Mensuelle, si le modèle est stable et les cycles prévisibles
  • Trimestrielle, pour prendre du recul et ajuster la trajectoire

L’objectif n’est pas de surveiller constamment.

C’est de voir venir.

Repère simple : Si une décision importante dépend du prochain encaissement, le suivi est trop faible.

4. Combien de liquidités conserver

C’est l’une des questions les plus fréquentes… et les plus sensibles.

Il n’existe pas de règle universelle, mais un repère souvent sain : entre 1 et 3 mois de charges fixes.

Ce niveau permet :

  • d’absorber les décalages d’encaissement
  • de décider sans stress immédiat
  • d’éviter les réflexes de survie

Quand conserver davantage

  • forte saisonnalité
  • investissements à venir
  • croissance rapide qui consomme du cash avant d’en générer

Quand trop de liquidités devient un signal

Un solde très élevé peut aussi indiquer :

  • des décisions reportées
  • une rémunération du dirigeant mal structurée
  • une inefficience fiscale
  • une peur de décider

Le cash protège.

Immobilisé sans intention, il finit par freiner.

5. Relier le cashflow aux décisions

Chaque décision a un impact sur les liquidités, même sans financement bancaire.

Croissance, embauche, investissements, retraits du dirigeant ou délais de paiement :

  • consomment du cash aujourd’hui
  • ou déplacent la pression dans le temps

Suivre son cashflow, ce n’est pas éviter toute tension.

C’est comprendre quand, pourquoi et comment cette tension apparaît.

Repère simple

Une entreprise saine ne supprime pas toute pression.

Elle s’assure que chaque décision est financée consciemment, au bon moment.

Auto-diagnostic rapide — lecture du cashflow

Avant d’aller plus loin, prenez deux minutes.

Si vous hésitez à répondre clairement à plusieurs de ces questions, votre suivi mérite d’être structuré :

  • Savez-vous estimer vos liquidités à 30, 60 ou 90 jours sans ouvrir vos livres ?
  • Pouvez-vous expliquer simplement ce qui consomme le plus de cash aujourd’hui ?
  • Savez-vous quelles décisions créent une pression immédiate sur les liquidités ?
  • Avez-vous un seuil de liquidités minimal clairement défini ?
  • Vos décisions sont-elles prises avec une lecture du cash… ou en réaction au solde ?

Cette checklist ne vise pas la perfection.

Elle vise la clarté.

Conclusion

La plupart des dirigeants ne cherchent pas des chiffres parfaits.

Ils cherchent à dormir plus tranquille.

Savoir que les décisions sont réfléchies, que les liquidités sont suivies et que les scénarios ont été envisagés change tout.

Même quand le marché ralentit ou qu’un imprévu survient, la réaction n’est plus émotive.

Elle est structurée.

Une bonne planification ne supprime pas les périodes difficiles.

Elle permet de les traverser avec plus de clarté, moins de stress et de meilleures décisions.

Si vous sentez que le cash reste une source de tension ou d’incertitude, ce n’est généralement pas un manque d’efforts ou de compétence.

C’est souvent une question de structure, de lecture et de recul.

Et c’est exactement là qu’un accompagnement financier adapté peut faire toute la différence.

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