
Quand il est élevé, il rassure. Quand il baisse, il inquiète.
C’est humain. Et c’est essentiel pour gérer le quotidien.
Mais c’est aussi l’un des repères les plus trompeurs pour juger la santé réelle d’une entreprise.
Un compte de banque montre ce qui est encaissé à un instant précis.
Il ne dit ni ce qui vous appartient réellement, ni ce qui devra sortir dans les prochaines semaines.
Ce qui se trouve dans le compte n’est pas toujours de l’argent libre.
Dans la majorité des entreprises, le solde bancaire inclut déjà :
Autrement dit, une partie du solde ne vous appartient déjà plus.
Regarder uniquement le compte sans isoler ces obligations crée une illusion de liquidité.
Et cette illusion peut mener à de mauvaises décisions.
Le solde est bon.
Le dirigeant se sent à l’aise.
Il autorise une dépense importante, repousse une remise, se verse un montant supplémentaire.
Quelques semaines plus tard, la pression monte.
Pas parce que l’entreprise va mal.
Pas parce qu’un client a retardé son paiement.
Mais parce que le cash réellement disponible n’a jamais été distingué du solde affiché.
Le problème n’est pas la décision.
Le problème, c’est le repère utilisé pour la prendre.
Une autre confusion amplifie le problème : traiter le compte de l’entreprise comme un compte personnel.
Quand le dirigeant :
il mélange trésorerie, obligations, performance et rémunération.
Résultat : les décisions deviennent émotionnelles, la lecture financière se brouille et la gestion du cash devient anxiogène.
L’entreprise n’est plus réellement pilotée.
Elle est subie au rythme du compte bancaire.
Un compte bien garni ne signifie pas nécessairement que l’entreprise performe bien.
Il peut simplement refléter :
Dans ces situations, le cash ne traduit pas une bonne performance.
Il traduit une accumulation temporaire, souvent fragile.
À l’inverse, une entreprise peut être rentable, en croissance et bien gérée, tout en vivant volontairement une pression sur son solde bancaire.
Les liquidités sont une conséquence des décisions.
Elles expliquent rarement les causes profondes.
Avant de chercher à améliorer le cashflow, il faut d’abord comprendre ce que vos liquidités révèlent réellement.
Le compte bancaire montre un instant.
Le bilan montre une structure.
Comprendre ce que révèlent les liquidités, les dettes à court terme, les comptes à recevoir et à payer permet de voir ce qui soutient réellement le cash… et ce qui le fragilise.
Sans lecture du bilan, le solde reste isolé et souvent trompeur.
Le cash ne se lit pas à la même fréquence dans toutes les entreprises.
Selon le modèle, la saisonnalité et le rythme des encaissements, un suivi hebdomadaire, mensuel ou trimestriel peut être approprié.
L’important, c’est d’avoir une lecture régulière et adaptée, qui permet d’anticiper et de planifier, plutôt que de réagir.
Planifier ne veut pas dire prédire l’avenir avec précision.
Ça veut dire poser des scénarios simples :
et mesurer l’impact sur le cash, le financement et la marge de manœuvre.
Sans projection, le solde dicte les décisions.
Avec un minimum de planification, il devient un repère parmi d’autres.
Chaque décision a un mode de financement, qu’il soit explicite ou non.
Et financer ne veut pas dire emprunter.
Dans beaucoup d'entreprises, le financement est interne.
Il repose sur la capacité à générer du cash, à synchroniser les encaissements et les décaissements et à absorber les variations dans le temps.
Croissance, retraits, embauches, investissements ou délais de paiement ne sont jamais neutres pour les liquidités.
Ils consomment du cash aujourd’hui ou en déplacent la pression dans le temps.
Croissance, retraits, embauches ou investissements consomment du cash aujourd’hui ou déplacent la pression dans le futur.
Relier une décision à son financement, c’est se demander :
C’est cette lecture qui permet à une entreprise autofinancée de croître sans se mettre en danger.
Un solde élevé peut être un signal sain… ou un signal d’inefficience.
Savoir quand investir, quand conserver et quand sortir des liquidités fait partie du pilotage.
Une rémunération structurée protège autant l’entreprise que le dirigeant.
Dans ce contexte, une planification fiscale avec un expert est souvent une excellente pratique pour optimiser la situation globale, en fonction des objectifs de l’entreprise et du dirigeant.
Le solde bancaire est un repère.
Le connaître est nécessaire.
Mais piloter une entreprise demande plus que de savoir combien il reste dans le compte.
Prenez une minute et posez-vous honnêtement ces questions :
Si certaines de ces questions font hésiter, ce n’est généralement pas un problème de compétence ou d’efforts.
C’est un enjeu de structure, de lecture et de recul.
Quand la structure est claire, les décisions deviennent plus simples, plus calmes et plus cohérentes.
Quand elle ne l’est pas, le dirigeant finit par décider seul, avec trop peu de recul.
C’est exactement là qu’un regard externe et une direction financière solide font la différence.